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Blog exercice physique et santé

Et si, lors de notre prochaine visite chez le médecin, on nous prescrivait autre chose qu’un médicament?

« Je vous recommande de marcher 20-30 minutes par jour. »
« Essayez de faire du vélo trois fois par semaine. »
« Allez marcher, courir, jardiner, nager, danser… mais surtout, bougez! »

L’idée peut sembler toute simple. Pourtant, derrière cette recommandation se trouve un puissant outil de prévention : l’activité physique.

Nous savons depuis longtemps que bouger est bénéfique pour la santé. Mais l’activité physique ne devrait pas être considérée uniquement comme une façon d’améliorer sa condition physique ou de perdre du poids. Elle joue un rôle important dans la prévention et la gestion de nombreuses maladies chroniques, tout en contribuant au maintien d’une meilleure qualité de vie.

Quand bouger devient un véritable allié pour notre santé

Notre société nous offre des moyens de transport toujours plus rapides, des technologies qui facilitent la vie et des emplois qui demandent souvent moins d’efforts physiques. Résultat : nous bougeons parfois beaucoup moins qu’avant.

Pourtant, notre corps est conçu pour être en mouvement.

L’activité physique régulière contribue notamment à maintenir une bonne santé cardiovasculaire, à renforcer les muscles et les os, à améliorer l’équilibre et la mobilité et à favoriser une meilleure santé globale.

Mais surtout, ses bienfaits vont beaucoup plus loin que la simple amélioration de la condition physique.

Les données médicales sont éloquentes

L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît aujourd’hui l’activité physique comme un important outil de prévention et de gestion de nombreuses maladies non transmissibles.

Les données montrent notamment que l’activité physique régulière est associée à une réduction du risque de maladies cardiaques et d’AVC d’environ 19 %, de diabète de type 2 d’environ 17 %, et de plusieurs types de cancers, avec des réductions pouvant atteindre 28 % selon le cancer étudié. Et notre santé mentale n’est pas en reste. L’activité physique régulière est également associée à une diminution du risque de dépression et d’anxiété et peut contribuer à améliorer l’humeur et le bien-être général. Bouger, c’est donc prendre soin de son corps, mais aussi de son esprit.

Bouger pour protéger aussi notre cerveau

l'activité physique régulière contribue à une diminution de 28 % à 32 % du risque de dépression et de démence

Les recherches montrent une association entre une activité physique régulière et un risque moindre de déclin cognitif et de démence. La maladie d’Alzheimer étant la forme la plus fréquente de démence, l’activité physique fait donc partie des habitudes de vie qui peuvent contribuer à réduire certains facteurs de risque.

Il ne faut évidemment pas en conclure que l’exercice empêche la maladie d’Alzheimer. La génétique, l’âge, les maladies cardiovasculaires et plusieurs autres facteurs jouent également un rôle.

Mais les données sont suffisamment importantes pour que l’Organisation mondiale de la Santé recommande l’activité physique dans une approche de réduction du risque de déclin cognitif et de démence.

Et même nos yeux pourraient en bénéficier!

Voici un aspect des bienfaits de l’activité physique qui est peut-être moins connu.

Des recherches récentes s’intéressent aux effets de l’exercice sur différentes maladies oculaires, notamment le glaucome, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la rétinopathie diabétique et le syndrome de l’œil sec. Les résultats suggèrent plusieurs effets potentiellement bénéfiques, notamment sur la circulation sanguine, l’inflammation et certains mécanismes biologiques impliqués dans la santé de l’œil.

Cela ne signifie évidemment pas que l’exercice constitue un traitement pour ces maladies. Mais ces recherches nous montrent à quel point les effets de l’activité physique peuvent toucher des systèmes de notre organisme auxquels on ne penserait pas spontanément.

L’activité physique : un médicament sans ordonnance?

La fréquence, l’intensité et le type d’activité doivent être adaptés à l’âge, à la condition physique et à l’état de santé de chacun.

Et surtout, être actif ne signifie pas nécessairement faire du sport intensif!

Marcher. Faire du vélo. Jardiner. Nager. Faire des exercices de mobilité. Prendre les escaliers. Aller travailler à vélo lorsque c’est possible et sécuritaire. Stationner la voiture un peu plus loin lors de nos courses pour nous faire bouger davantage.

Toutes ces petites occasions de bouger s’additionnent et font la différence!

Ok, bouger...mais à quel fréquence?

C’est probablement la question que plusieurs se posent : combien faut-il bouger pour en retirer des bénéfices?

L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité plus intense. Elle recommande également du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.

Mais attention : ces 150 minutes ne doivent pas devenir une montagne à gravir!

L’activité physique peut se répartir tout au long de la journée et de la semaine. Une marche, quelques déplacements à vélo, prendre les escaliers, stationner la voiture un peu plus loin ou simplement interrompre une longue période assise sont autant d’occasions de bouger.

L’OMS rappelle d’ailleurs que toute activité physique vaut mieux que l’inactivité. Si vous êtes peu actif, commencez par ce qui vous semble réaliste et allez-y par petites bouchées et augmentez progressivement.

Et lorsqu’on souffre de douleurs chroniques?

Vivre avec des douleurs chroniques n'est pas toujours facile. Il peut être difficile de se convaincre de bouger lorsqu’on a mal. Mais je peux témoigner, par mon expérience personnelle, des bienfaits que l’activité physique peut apporter lorsqu’elle est adaptée à nos capacités et à notre condition.

Notre premier réflexe est parfois de vouloir éviter tout mouvement, de peur d’aggraver la situation. Pourtant, dans plusieurs situations, le mouvement fait partie des stratégies qui peuvent aider à mieux gérer certaines douleurs persistantes.

Cela ne signifie évidemment pas que l’exercice convient de la même façon à tout le monde ni qu’il remplace un avis médical. L’intensité et le type d’activité doivent être adaptés à la condition de chacun.

Il ne s’agit pas de repousser ses limites, mais de trouver une façon adaptée de continuer à bouger.

Le vélo: C'est bien plus qu'une façon de bouger

Pour plusieurs personnes, faire de l’exercice peut être perçu comme une obligation. Le vélo permet de transformer une partie de cette activité physique en plaisir, en déplacement et en découverte.

On peut faire du vélo pour s’entraîner, bien sûr. Mais on peut aussi enfourcher son vélo pour aller chercher du pain, se rendre au travail, allez à l'école, rejoindre des amis, découvrir une nouvelle municipalité ou ville lors de nos vacances ou cours séjour ou simplement profiter d’une belle journée.

Et c’est peut-être l’une des grandes forces du vélo : il permet de bouger tout en se déplaçant, sans avoir nécessairement l’impression de « faire de l’exercice ».

Le vélo est aussi un moyen de déplacement peu coûteux, qui permet souvent d’éviter les frais de stationnement. Et en prime, chaque déplacement à vélo plutôt qu’en voiture contribue à réduire la circulation et les émissions liées au transport, un impact positif pour notre environnement.

La prévention : notre meilleure alliée pour la santé

Comme je proviens du milieu médical, j’ai pu constater de près l’état de santé dans lequel notre société se trouve. Et une chose m’apparaît de plus en plus évidente : la prévention devrait occuper une place beaucoup plus importante dans notre façon de prendre soin de notre santé et des gens.

Certains facteurs de risque sont malheureusement hors de notre contrôle. D’autres, en revanche, peuvent être influencés par nos habitudes de vie.

L’activité physique joue également un rôle important dans la prévention et la gestion de l’obésité. Celle-ci est associée à un risque accru de plusieurs problèmes de santé, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, certaines maladies musculosquelettiques et articulaires ainsi que certains cancers. Bouger régulièrement peut contribuer à maintenir un poids santé et à réduire certains des risques associés à l’obésité.

Nos gènes, nous ne pouvons pas les modifier, alors que notre mode de vie, lui, oui!

Ce que nous mangeons.
La quantité de temps que nous passons assis.
La fréquence à laquelle nous bougeons.
La façon dont nous intégrons l’activité physique à notre quotidien.

En conclusion: Prescrire un environnement qui nous incite à bouger en toute sécurité

Une personne sera beaucoup plus susceptible de marcher, courir ou prendre son vélo si elle dispose de trottoirs sécuritaires, de pistes cyclables protégées, de réseaux cyclables bien connectés et d’espaces où elle peut se déplacer sans craindre pour sa sécurité.

À l’inverse, lorsque les infrastructures sont absentes, discontinues ou dangereuses, la voiture devient souvent le choix par défaut. Et c’est malheureusement un triste constat encore trop répandu.

La question n’est donc plus seulement : « Pourquoi les gens ne bougent-ils pas davantage? »

Il faut aussi se demander :

« Avons-nous créé un environnement qui leur permet réellement de bouger? »

C’est précisément cette question qui nous amène à notre prochain article : les infrastructures cyclables et sportives sont-elles une dépense pour la société… ou un véritable investissement dans notre système de santé?

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SANTÉ

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